Les PSDM (Prestation de Service et Distribution de Matériel médical) sont des pros qui livrent à domicile des équipements médicaux (lits, fauteuils, respirateurs, appareils à perfusion, etc.) et accompagnent les patients dans leur utilisation. Leur mission ? Faciliter le maintien à domicile des personnes malades ou en situation de handicap. Ils travaillent sur prescription médicale et sont remboursés par l’Assurance Maladie.
En gros, ils permettent à des millions de personnes de rester soignées chez elles plutôt qu’à l’hôpital.
En 2020, l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) a réalisé un rapport sur cette activité.
En résumé, c’est un secteur en pleine croissance…mais un peu fouillis :
2 millions de patients accompagnés chaque année, mais attention : 1 million concerne juste l’apnée du sommeil (merci les respirateurs !).
6,4 milliards d’euros de remboursements en 2018, soit +30 % depuis 2012.
Un mélange de grands groupes cotés en Bourse et de petites structures familiales, avec des pratiques très variées.
Elle a retenu aussi quelques anomalies :
La qualité inégale : Certains PSDM sont tops, d’autres moins… et les contrôles sont rares.
Le gaspillage : Parfois trop de matériel livré, des prescriptions douteuses, ou des dispositifs sous-utilisés.
Les conflits d’intérêts : Des liens trop cosy entre PSDM, médecins et hôpitaux peuvent biaiser les prescriptions.
La coordination des sorties d’hôpital : Ils s’immiscent dans l’organisation des retours à domicile, parfois sans cadre clair.
En conclusion, l’IGAS recommandait la certification qualité des PSDMs pour continuer à exercer. Objectif : harmoniser le secteur et garantir des services au top.
Suite à cela, la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) a confié à la Haute Autorité de Santé (HAS) le soin de créer un référentiel en vue de la Certification PSDM.
Les recommandations phares pour obtenir ce fameux sésame:
1. Renforcer les règles : éthique, distribution et suivi du matériel, support et dispositions relatives à la qualité et aux risques
2. Mieux réguler les pratiques commerciales : Stop aux cadeaux aux médecins et aux prescriptions "automatiques".
3. Clarifier les rôles : Les PSDM ne sont pas des coordinateurs de soins, mais des experts techniques.
4. Lutter contre le gaspillage : Moins de livraisons inutiles, plus de pertinence.
En résumé : les PSDM sont devenus essentiels, mais ils vont devoir mettre de l’ordre dans leurs pratiques. Le système de santé veut les garder dans l’équipe, mais en version mieux cadrée et plus transparente !
Petit aparté : Le référentiel de la certification PSDM a été publié par la HAS le 18/06/2024. Mais depuis, c’est silence radio à la direction générale de l’offre de soins (DGOS) pour la promulgation au Journal Officiel. On ne sait pas si le projet de décret va évoluer ou va être transmis au Conseil d’Etat tel quel (sachant que depuis 2022, 9 ministres de la santé se sont succédés, ce qui ne favorise pas l’avancé du schmilblick…).
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